Sport féminin: quel est le plus populaire ? Chiffres et comparaison

200 000 joueuses licenciées d’un côté, deux fois moins de l’autre, et la télévision qui s’accroche encore à ses vieux réflexes : le sport féminin en France avance, mais pas à la même cadence sur tous les terrains. Les chiffres s’envolent, les retransmissions stagnent. Derrière les podiums, la bataille pour la place des femmes dans l’arène continue, loin des projecteurs.

Où en est vraiment le sport féminin aujourd’hui ? Chiffres clés et tendances

Le sport féminin prend sa place, mais l’écart reste net entre les aspirations et la réalité. Selon l’INSEE, 70 % des femmes déclarent pratiquer une activité physique de façon régulière, alors que les hommes sont 77 %. Dès qu’il s’agit de compétition, l’écart se creuse davantage : les femmes ne représentent que 38 % des adhérents aux fédérations sportives en France.

À l’approche des jeux olympiques de Paris, le Comité International Olympique se félicite d’une quasi-parité : presque une athlète sur deux. Pourtant, tout n’est pas réglé pour autant. Le football gagne en popularité, dynamisé par la FIFA, mais reste majoritairement pratiqué par les hommes. Moins de 20 % des licenciés sont des femmes.

Quelques chiffres à retenir

Pour décrypter la réalité, voici les données qui dessinent le paysage actuel :

  • On recense 3,2 millions de femmes licenciées au sein des fédérations sportives françaises
  • Le football féminin en compte 197 000, à peine 8 % du total des inscrits
  • Le handball féminin regroupe 90 000 pratiquantes, soit 40 % de la fédération
  • Du côté du tennis, la parité se rapproche quand il s’agit de loisir, mais la compétition reste dominée par les hommes

Adopter la pratique sportive devient peu à peu une habitude, mais franchir la porte de la compétition demeure pour beaucoup un pas difficile. Alice Milliat, trop longtemps effacée de la mémoire collective, a ouvert la route à celles qui ont choisi d’entrer dans l’arène. Aujourd’hui, les grandes compétitions comme les jeux olympiques bouleversent timidement l’ordre établi. Mais sur le terrain, la lenteur institutionnelle et les stéréotypes restent des freins persistants.

Quels sports féminins attirent le plus de pratiquantes et de spectateurs ?

En France, le football féminin avance clairement en tête des sports féminins populaires. Avec 197 000 licenciées, il reste loin devant les autres sports collectifs et profite de l’élan donné par les grandes compétitions et des clubs phares tels que Lyon ou Paris. La féminisation de la discipline reste toutefois limitée : seulement 8 % des licenciés de la fédération sont des femmes.

Le handball féminin se distingue, dopé par les exploits tricolores et l’engagement de clubs qui misent sérieusement sur leurs sections féminines : 90 000 licenciées et presque 40 % d’effectifs féminins. Les passionnées suivent la discipline lors des grands événements et la base reste solide.

Le tennis conserve un statut particulier, avec une pratique loisirs qui oscille vers la parité. En compétition, l’écart demeure, mais l’engouement s’enflamme à chaque tournoi majeur et notamment lors de Roland-Garros.

Voici les principaux chiffres qui reflètent la puissance de chaque discipline :

  • Football féminin : 197 000 licenciées, Lyon et Paris comme locomotives
  • Handball féminin : 90 000 licenciées, force grandissante sur la scène internationale
  • Tennis : Roland-Garros captive les foules, une pratique loisirs très développée

À côté de ces sports majeurs, des disciplines comme le basketball ou l’athlétisme progressent elles aussi, même si leur exposition reste moindre. La dynamique s’accélère lors des grands rendez-vous, mais l’écart se maintient face aux chiffres du sport masculin.

Médiatisation et visibilité : pourquoi le sport féminin reste en retrait

Le sport féminin a soif d’antenne, mais les progrès tardent. L’INA en livre la preuve : seulement 18 % des retransmissions sportives concernent des événements féminins en France. Et ce constat persiste, alors que chaque année, les clubs accueillent plus de pratiquantes.

Dans les faits, l’héritage du sport masculin pèse encore lourd. Beaucoup de stéréotypes cantonnent les femmes sportives à un rôle secondaire ou les privent de créneaux attractifs à l’antenne, sans oublier les commentaires parfois condescendants. Les icônes féminines du sport peinent encore à s’installer comme figures phare du paysage sportif, ce qui limite la venue de nouveaux partenaires financiers.

Les grandes compétitions comme les Jeux olympiques ou la mythique quinzaine de Roland-Garros offrent un éclairage puissant, mais passager. Une fois la fête terminée, le quotidien retourne à plus de discrétion et d’anonymat, toujours éclipsé par le bruit médiatique du football masculin ou du Top 14.

Voici trois éléments qui traduisent cet écart de visibilité :

  • 18 % des retransmissions concernent le sport féminin
  • Les grands événements servent de tremplin, mais l’effet s’estompe rapidement
  • Le discours médiatique reste parfois emprunt de clichés et de stéréotypes de genre

Remporter la bataille de la visibilité ne se joue pas que sur la pelouse : elle implique aussi de convaincre les rédactions et les chaînes, de changer durablement les codes du paysage audiovisuel. Le sport féminin attend encore le moment où il s’imposera vraiment, sans compromis.

femme professionnelle en plein service sur court de tennis

Des initiatives inspirantes pour booster la place des femmes dans le sport

Dans toute la France, de nouvelles actions fleurissent pour transformer le quotidien des sportives. Certaines fédérations misent sur des campagnes ciblées, telles que le plan « Ambition Bleue » déployé par la Fédération Française de Football pour structurer le football féminin à chaque échelon. Les résultats parlent : en moins de dix ans, le nombre de licenciées a doublé.

En dehors de la lumière des grands noms, des milliers de jeunes filles s’inscrivent chaque semaine dans un club, soutenues par des dispositifs de mentorat, des stages sur-mesure et des politiques taillées pour elles. Un peu partout, des collectivités à Paris, à Lyon et ailleurs investissent dans des infrastructures accessibles et organisent des événements uniquement réservés aux femmes sportives, pour encourager la mixité et mettre en avant les parcours féminins.

L’effort s’étend aussi du côté de l’éducation, avec des partenariat entre écoles, universités et associations. L’idée, c’est de contrarier les stéréotypes de genre dès l’enfance et de valoriser chaque forme de pratique physique. D’après l’INSEE, la progression est tangible : chez les filles de 15 à 25 ans, la pratique régulière d’un sport a bondi de sept points depuis 2010, atteignant 70 %.

Figures et réseaux d’influence

Les figures emblématiques incarnent un levier puissant. Championnes, ambassadrices, capitaines de club : elles ouvrent la voie à une nouvelle génération prête à viser haut. L’effet Jeux olympiques, déjà amorcé à Tokyo et qui montera sûrement en puissance à Paris, pourrait bien entraîner le sport féminin dans une nouvelle dimension.

Le mouvement est en marche. Reste à voir jusqu’où ces pionnières et ces anonymes pourront emmener le sport féminin dans les années à venir.

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